Manuel d’écriture inclusive
01 Jan 2016
En France, de très nombreuses initiatives ont été adoptées pour faire advenir l’égalité, notamment professionnelle.
On peut par exemple penser à la loi relative à la parité dans les conseils (CA) des grandes entreprises. Ou encore au renforcement des mesures de lutte contre le harcèlement. Ou même à l’obligation qu’ont les entreprises de tenir à jour les écarts de salaires entre les femmes et les hommes.
Pour autant, les statistiques sont désespérantes. Selon l’INSEE, il y a par exemple toujours 16,8% d’écarts de salaires en moyenne. C’est un chiffre à poste, diplôme et ancienneté égales entre les femmes et les hommes.
Comment expliquer le décalage entre toutes ces initiatives et les résultats obtenus ? Voici le paradoxe fondateur de cette démarche.
L’hypothèse de celles et ceux qui promeuvent cette pratique est que nous baignons dans une langue qui entretient ce qu’on essaie de combattre par ailleurs. C’est-à-dire, la domination du masculin sur le féminin. En bref, la langue française par l’idée que le masculin vaut neutre, qu’il l’emporte sur le féminin dans les accords en genre entretient l’occultation d’un genre sur un autre.
Mots-Clés est une agence de communication engagée en faveur de l’égalité femmes-hommes. Pour cette raison, elle a adopté et promeut cette écriture depuis 2016. Elle vise à cesser de désigner indifféremment des femmes et des hommes derrière un masculin prétendument neutre. Rappelons qu’il n’y a pas de neutre en français.
En 2019, l’Académie française a reconnu la validité des noms de métiers et de fonctions au féminin. Elle avait pourtant qualifié cette pratique de « péril mortel » moins d’un an plus tôt. C’est la preuve que de grandes avancées sur ce terrain sont possibles, pour peu que chacun et chacune y prenne part.
Dans le sillage du Haut Conseil à l’égalité, l’agence a contribué à l’émergence et à la diffusion de cette pratique. Elle a par exemple publié le Manuel d’écriture inclusive en 2016. Il a déjà été téléchargé plus de 150 000 fois. Elle a aussi organisé plusieurs éditions de sa dictée annuelle. Et soutient de nombreuses initiatives en rapport avec les modalités d’inscription de l’égalité femme-homme dans le langage.